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Les Principales décisions du Comité de Politique Monétaire de la BCEAO

June 15, 2021

Le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a tenu, le mercredi 9 juin 2021, sa deuxième réunion ordinaire au titre de l’année 2021, par visioconférence, sous la présidence de Monsieur Tiémoko Meyliet KONE, Gouverneur de la Banque Centrale, son Président statutaire.

Le Comité a passé en revue les principales évolutions de la conjoncture économique internationale et régionale au cours de la période récente, ainsi que les facteurs de risque pouvant affecter les perspectives à moyen terme d’inflation et de croissance économique dans l’Union.

Au titre de la conjoncture internationale, le Comité a noté une reprise de l’activité économique au premier trimestre 2021, après la crise mondiale en 2020 causée par la pandémie de la COVID-19. Les avancées dans les campagnes de vaccination ainsi que la poursuite de la mise en œuvre de mesures de soutien budgétaire et monétaire ont renforcé la confiance des marchés et amélioré les perspectives économiques. Selon le Fonds Monétaire International, l’économie mondiale connaîtrait en 2021 une reprise forte, avec un taux de croissance attendu à 6,0%, après une contraction de 3,5% en 2020.

Sur les marchés internationaux, les cours des matières premières ont, dans l’ensemble, poursuivi leur tendance haussière pour le troisième trimestre consécutif, sous l’effet de la reprise de la demande à l’échelle mondiale et de la persistance de certaines contraintes pesant sur l’offre. Selon les données de la Banque Mondiale, les prix de l’énergie ont connu durant le premier trimestre 2021 une augmentation de 35,3%, après une progression de 8,4% observée au trimestre précédent. Parallèlement, les cours des produits de base non énergétiques se sont raffermis avec un accroissement de 27,8%, après une hausse de 11,8%. Dans ce sillage, l’indice des prix des matières premières non énergétiques exportées par les pays de l’UEMOA s’est accru de 5,1% au cours du premier trimestre 2021, après une progression de 2,7% un trimestre plus tôt. Pour sa part, l’indice des prix des principaux produits alimentaires importés par les pays de l’UEMOA a connu une croissance de 19,4% au cours du premier trimestre 2021, après une augmentation de 11,2% un trimestre auparavant.

Examinant la conjoncture interne, le Comité a relevé un raffermissement de la reprise de l’activité économique dans l’UEMOA au premier trimestre 2021, avec un taux de croissance du PIB réel de 3,2%, en rythme annuel, après 1,8% au trimestre précédent. Cette évolution a été portée par l’ensemble des secteurs d’activité, consécutivement au regain de vigueur de la demande intérieure. En perspective, le taux de croissance de l’Union est attendu à 5,6% en 2021, après 1,5% en 2020. La consolidation de la reprise de l’activité économique dans l’Union serait portée par une bonne exécution des plans de relance, le maintien des mesures de soutien budgétaire et monétaire ainsi qu’une amélioration de la situation sécuritaire.

L’exécution des opérations financières des Etats membres de l’UEMOA, au cours des trois premiers mois de l’année 2021, s’est soldée, en référence à la même période de l’année précédente, par une atténuation du déficit budgétaire global, base engagements, dons compris, ressortant à 2,9% du PIB contre 4,5% un an plus tôt. Cette évolution résulte d’un accroissement des recettes et dons plus important que celui des dépenses publiques.

Sur le marché monétaire, les conditions financières sont restées favorables, en ligne avec l’orientation accommodante de la politique monétaire menée par la Banque Centrale. Les taux moyens pondérés des adjudications sur les compartiments à une semaine et à un mois des guichets de la Banque Centrale sont demeurés à 2,00% contre des niveaux respectifs de 2,90% et 3,55% à la même période de l’année précédente. Le taux d’intérêt moyen pondéré sur la maturité à une semaine du marché interbancaire a baissé, s’établissant à 2,53% contre 2,62% au trimestre précédent. En ligne avec ces évolutions, le taux moyen des crédits bancaires a connu un recul de 16 points de base par rapport au quatrième trimestre 2020 pour se situer à 6,42% au premier trimestre 2021. Sur le marché des titres publics, les conditions de financement des Etats membres sont restées favorables sur la période. Le taux d’intérêt moyen pondéré des bons du Trésor est ressorti à 3,6% contre 4,5% un an auparavant.

Au plan monétaire, la masse monétaire a connu une accélération sur le premier trimestre 2021, avec une croissance, en rythme annuel, de 21,5% contre 16,5% un trimestre plus tôt. Cette progression a été portée par les hausses combinées des créances intérieures et des actifs extérieurs nets. En particulier, les créances sur l’économie se sont accrues de 6,5% sur un an. Les réserves de change de l’Union se sont consolidées par rapport au trimestre précédent pour représenter un taux de couverture de l’émission monétaire de 84,0% à fin mars 2021. Elles assurent 6,7 mois d’importations de biens et services contre 5,9 mois au trimestre précédent.

En dépit des tensions inflationnistes au niveau mondial, le Comité de Politique Monétaire a relevé une décélération des prix à la consommation au premier trimestre 2021, le taux d’inflation ressortant à 2,2% contre 2,7% un trimestre plus tôt. Cette baisse du rythme de progression des prix au niveau de la sous-région est imputable essentiellement à la hausse de moindre ampleur des prix des produits alimentaires, en raison de l’amélioration de l’offre de céréales, de légumes ainsi que de tubercules et plantains. A l’horizon de vingt-quatre mois, soit à fin mars 2023, le taux d’inflation devrait se situer à 1,9%, dans la zone cible [1,0% – 3,0%] définie pour la politique monétaire dans l’UMOA.

Sur la base de ces analyses, le Comité de Politique Monétaire a décidé de maintenir inchangés le taux d’intérêt minimum de soumission aux opérations d’appels d’offres d’injection de liquidité à 2,00% et le taux d’intérêt du guichet de prêt marginal à 4,00%, niveaux en vigueur depuis le 24 juin 2020. Le coefficient de réserves obligatoires applicable aux banques de l’Union demeure inchangé à 3,0%.

 SOURCE : FINANCIAL AFRIK

Source : agence de presse financiere

Source : African Media Agency (AMA)

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