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Présidentielle en Côte d’Ivoire : la candidature de Gbagbo déposée

September 1, 2020

En Côte d’Ivoire, ce lundi 31 août marque le dernier jour pour les dépôts de candidature à la présidentielle d’octobre prochain. Réunis en plusieurs cortèges, les partisans de l’ex-président Laurent Gbagbo, toujours en Belgique, sont allés très tôt dans la matinée pour déposer sa candidature à la Commission électorale indépendante (CEI) emmenés par Georges Armand Ouégnin, président de la plateforme EDS (Ensemble pour la démocratie et la souveraineté).

« Nous venons de déposer le dossier de notre référent politique, le président Laurent Gbagbo, le père de la démocratie en Côte d’Ivoire que nous avons sollicité pour être notre candidat à la présidentielle », a-t-il affirmé à sa sortie de la CEI. Symbole fort de ce moment : il était notamment accompagné de Michel Gbagbo, le fils de l’ancien président. « La CEI demandait 48 000 parrainages, Gbagbo en a obtenu 74 000, on a aussi déposé la caution de 50 000 000 FCFA, on a également la volonté du peuple ivoirien de porter le président Laurent Gbagbo à la tête de l’État de Côte d’Ivoire au soir du 30 octobre 2020 », affiche-t-il.

La CEI a donc reçu les candidatures des trois principaux protagonistes de la crise post-électorale de 2010-2011 : Ouattara, Bédié et Gbagbo. Les trois hommes étaient candidats au 1er tour de 2010. La crise avait fait 3 000 morts après le refus de Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale face à Ouattara au 2e tour.

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Gbagbo, candidat envers et contre tout

Laurent Gbagbo, qui ne s’est encore jamais prononcé publiquement sur sa candidature, est toujours en liberté conditionnelle en Belgique dans l’attente d’un éventuel procès en appel devant la Cour pénale internationale, qui l’a acquitté en première instance de l’accusation de crimes contre l’humanité.

Il a le droit de voyager à condition que le pays d’accueil accepte sa présence, mais il n’a pour le moment pas de passeport.

Autre épine dans le pied des partisans de Gbagbo ; leur champion a été radié des listes électorales en raison de sa condamnation en janvier 2018 à 20 ans de prison par la justice ivoirienne pour l’attaque de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) lors de la crise de 2010-2011.

Georges Armand Ouégnin a attribué cette radiation à des « manœuvres juridico-politiciennes » alors que des sources judiciaires estiment que la candidature a peu de chances d’être validée. « Le Conseil constitutionnel aura la lourde responsabilité devant le peuple ivoirien et l’Histoire de se prononcer sur la validité de la radiation » et de statuer sur l’éligibilité de Laurent Gbagbo, a conclu M. Ouégnin, qui a aussi réclamé « la libération de tous les prisonniers politiques » et le « retour des exilés politiques avec à leur tête Laurent Gbagbo ».

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Le compte à rebours a commencé

Un autre poids lourd de la politique est dans une situation similaire à celle de Gbagbo : Guillaume, Soro, candidat déclaré mais en exil en France, est sous le coup d’une condamnation à 20 ans de prison pour « recel de détournement de deniers publics ».

Ses partisans de Générations et peuples solidaires (GPS) devaient déposer sa candidature dans l’après-midi. « Je suis candidat à l’élection présidentielle. 1er acte politique : dépôt de ma candidature. Nul n’ignore que la CEI et le Conseil constitutionnel sont des appendices du pouvoir », a-t-il écrit lundi sur Twitter, indiquant ainsi qu’il ne se faisait guère d’illusions sur la validation de son dossier.

Les candidats ont jusqu’à lundi minuit pour déposer leurs dossiers et ne doivent pas être nécessairement présents physiquement.

La CEI accueillait lundi un ballet incessant de candidats déposant leurs dossiers. Une demi-douzaine ont attendu le dernier jour pour la démarche administrative. La CEI s’attend à recevoir 36 dossiers au total dont certains farfelus, selon son secrétariat indique l’AFP. Le Conseil constitutionnel a ensuite jusqu’au 16 septembre pour donner la liste des candidatures validées. De source proche de la CEI, moins d’une dizaine devraient être validées.

Dix ans après la crise post-électorale, la crainte de violences à l’approche du scrutin du 31 octobre, est forte. L’annonce que le président Ouattara briguerait un troisième mandat a provoqué des manifestations qui ont dégénéré en violences ayant fait une douzaine de morts en août.

La Constitution de 2016, limite à deux les mandats présidentiels. Les partisans du chef de l’État sortant affirment que le changement de Constitution a remis le compteur des mandats à zéro, ses adversaires jugent anticonstitutionnelle une troisième candidature.

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Source : African Media Agency (AMA)

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