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Mali : l’ONU s’enquiert de la détention d’IBK

August 22, 2020

Depuis le coup d’État, les Maliens étaient sans nouvelles de leur désormais ex-président, Ibrahim Boubacar Keïta. Ce n’est que ce jeudi soir que des représentants de l’ONU ont pu le rencontrer, ainsi que les autres personnalités détenues par la junte qui a pris le pouvoir le mardi 18 août. Un responsable militaire a par ailleurs affirmé vendredi que le ministre de l’Économie et le secrétaire particulier du chef de l’État avaient été libérés.

« Hier dans la soirée, une équipe des #DroitsdelHomme de la Minusma s’est rendue à #Kati dans le cadre de son mandat de protection des droits de l’homme et a pu avoir accès au président Ibrahim Boubacar Keita ainsi qu’aux autres détenus », a indiqué sur Twitter la mission de l’ONU. Ce geste des militaires intervient alors que l’opposition appelle à de grands rassemblements ce vendredi après-midi à Bamako pour « fêter la victoire du peuple malien », trois jours après la chute du président Keïta, au pouvoir depuis 2013.

Lors de leur coup d’État mardi, les militaires ont arrêté le président Keïta, qui a ensuite annoncé sa démission, et son Premier ministre, Boubou Cissé, ainsi que de hauts responsables civils et militaires, qu’ils ont emmenés dans le camp militaire de Kati, dans la banlieue de Bamako. « Nous avons autorisé une mission des droits de l’homme de l’ONU au Mali à rendre visite à tous les 19 prisonniers de Kati, y compris l’ex-président Ibrahim Boubacar Keïta et l’ancien Premier ministre Boubou Cissé », a déclaré à l’AFP un responsable de la junte s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. « Nous avons libéré deux prisonniers, l’ancien ministre des Finances et de l’Économie Abdoulaye Daffé et Sabane Mahalmoudou », le secrétaire particulier du président, a ajouté cette source. « Deux prisonniers ont été libérés. Il en reste 17 à Kati. C’est la preuve que nous respectons les droits de l’homme », a-t-il poursuivi.

Abdoulaye Daffé est considéré comme étant proche du chérif de Nioro, le mentor de la figure de proue de la contestation qui réclamait depuis juin la démission du président Keïta, l’imam Mahmoud Dicko.

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IBK « fatigué mais serein »

Le président déchu et son Premier ministre sont toujours à Kati, ville-garnison située à une quinzaine de kilomètres de la capitale, mais ils ont été transférés « dans une villa », où ils sont privés de télévision, de radio et de téléphone, selon deux personnes ayant assisté à la visite, dont un responsable de la junte.

« Leurs conditions de détention sont acceptables », mais le président malien, « qui avait l’air fatigué mais serein », n’a pas beaucoup d’habits de rechange, selon une de ces sources.

Il a été autorisé à parler à un diplomate africain, « d’un téléphone qui ne lui appartenait pas », a-t-elle ajouté.

Le Premier ministre Boubou Cissé était d’un « calme olympien », selon ce témoin.

Les autres détenus se trouvent dans les locaux d’un centre de formation de Kati, où ils « dorment sur des matelas et partagent une même télévision », selon des témoins interrogés par l’AFP.

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La Cedeao persiste, la junte prépare la transition

Les pays voisins du Mali, réunis en sommet extraordinaire, ont réclamé jeudi le « rétablissement » du président Keïta et décidé d’envoyer une délégation à Bamako en vue d’un « retour immédiat à l’ordre constitutionnel ».

Le Comité national pour le salut du peuple (CNSP), mis en place par les militaires et dirigé par un colonel de 37 ans, Assimi Goïta, a appelé la population à retourner au travail et les marchés ont rouvert à Bamako.

Ses responsables ont rencontré jeudi des membres de la société civile et des responsables de la classe politique, dont des représentants des partis de la majorité soutenant le président Keïta.

« C’était une rencontre d’écoute. Nous avons condamné le coup d’État. Mais nous sommes aussi prêts à parler d’avenir. Les discussions se poursuivront », a déclaré à l’issue de cette rencontre Blaise Sangare, conseiller spécial du président Keïta et chef de la Convention sociale démocrate (CSD), une formation de la majorité. La junte « va mettre en place un conseil de transition, avec un président de transition qui va être ou un militaire ou un civil », a affirmé jeudi sur France 24 son porte-parole, le colonel major Ismaël Wagué.

Les militaires ont également annoncé la réouverture dès vendredi des frontières terrestres et aériennes, même si les pays de l’Afrique de l’Ouest ont décidé de fermer les leurs avec le Mali, sauf pour les denrées de première nécessité, les médicaments et l’énergie.

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Source : African Media Agency (AMA)

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