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Barrage sur le Nil : l’Éthiopie sous le coup de sanctions ?

August 29, 2020

Les États-Unis vont-ils réduire une partie de leur aide financière à l’Éthiopie après ce nouvel échec des pourparlers sur le barrage du Nil avec les voisins du Soudan et de l’Égypte ? Selon plusieurs médias qui font référence à un rapport du département d’État, le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, serait à la manœuvre pour couper jusqu’à 130 millions de dollars d’aide à l’Éthiopie. L’an dernier, les États-Unis étaient impliqués dans les négociations en tant que médiateur aux côtés de la Banque mondiale. À l’issue d’une réunion à Washington en novembre, les trois pays s’étaient donné jusqu’au 15 janvier pour trouver un accord, mais les dernières discussions tripartites avaient une nouvelle fois achoppé sur une des questions les plus épineuses : la vitesse de remplissage du réservoir. C’est dans ce contexte que l’Afrique du Sud, dont le chef d’État, Cyril Ramaphosa, assure la présidence tournante de l’Union africaine, a pris en main les négociations.

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Aucun accord

Si Washington concrétise sa menace, ce serait un coup dur pour la position de l’Éthiopie qui a pris la décision de remplir et d’exploiter le barrage sans parvenir d’abord à un accord avec ses voisins. L’Éthiopie et l’Égypte sont dans une impasse sur la façon dont le barrage sur un affluent du Nil sera géré. L’Égypte, qui dépend du Nil pour la plupart de ses besoins en eau douce, est opposée à tout développement qui, selon elle, aura un impact sur le débit en aval – une position reprise par le Soudan. L’Éthiopie est en train de développer une centrale électrique de 6 000 mégawatts au barrage et a affirmé le droit d’utiliser la ressource pour son développement.

Dans tous les cas, après des semaines de négociations, les trois pays ont échoué à se mettre d’accord sur un texte commun concernant la gestion du mégabarrage construit par Addis-Abeba sur le Nil, a annoncé vendredi 28 août le ministre soudanais de l’Irrigation. « Après (…) un examen des travaux des groupes d’experts au cours des derniers jours, il est devenu clair que le processus de fusion des trois projets est au point mort », a déclaré dans un communiqué le ministre soudanais Yasser Abbas à l’issue d’une visioconférence avec ses collègues égyptien et éthiopien sous les auspices de l’Union africaine.

Durant dix jours, les experts des trois pays ont cherché en vain à fusionner les projets d’accord préparés par les trois pays. Vendredi, ils ont présenté aux ministres de l’Irrigation et de l’Eau un rapport sur leurs travaux sans aboutir à un accord unifié.

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Négociations en cours

Ces tractations, entamées il y a plusieurs mois, ont été suspendues deux semaines à la suite de l’exigence par Addis-Abeba de lier la gestion du barrage à une renégociation sur le partage des eaux du Nil Bleu. Addis-Abeba estime que le grand barrage de la Renaissance (Gerd) est essentiel à son développement économique et à son électrification tandis que Khartoum et Le Caire craignent que le futur plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique, haut de 145 mètres, ne restreigne leur accès à l’eau. Le Soudan et Égypte insistent également sur le fait qu’un accord « doit inclure un mécanisme pour résoudre les disputes qui pourraient surgir » entre les trois pays.

Jusqu’à présent Addis-Abeba refuse un éventuel mécanisme, considérant que le barrage – dont la construction a commencé en 2011 – lui appartient. « Parvenir à un accord exige une volonté politique », a dit vendredi le ministre soudanais, soulignant que la « poursuite des négociations dans leur forme actuelle ne conduira pas à des résultats pratiques ». Il s’est toutefois dit prêt à reprendre les négociations à tout moment.

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Source : African Media Agency (AMA)

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