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Mali : l’opposition de nouveau dans la rue

July 11, 2020

L’opposition au président malien Ibrahim Boubacar Keïta serait-elle en train de se radicaliser ? Malgré les propositions concrètes du chef de l’État tels que le renouvellement de la Cour constitutionnelle ou le déploiement d’une mission de la Cedeao pour revoir les règles de fonctionnement de l’institution, une des principales organisations de la contestation a appelé au maintien du rassemblement prévu ce vendredi 10 juillet. Le message est toujours le même : ils réclament la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta.

« La manifestation de demain (vendredi) est maintenue ! Les Maliens sortent demain », a annoncé sur sa page Facebook la Coordination des mouvements, associations et sympathisants (CMAS) de l’imam Mahmoud Dicko. Le mouvement du 5 juin, coalition formée de responsables religieux et de personnalités de la société civile comme du monde politique qui s’est agrégé autour de l’imam, n’entend pas répondre favorablement à la main tendue du chef de l’État.

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Des propositions détaillées

Afin de désamorcer la crise politique qui secoue son pays, le président malien a proposé mercredi soir à ses opposants la signature d’un accord politique de rassemblement national, ainsi qu’une réforme de la Cour constitutionnelle.

Dans une adresse à la nation, il a expliqué que cet accord, qui ira jusqu’en 2023, année de la prochaine élection présidentielle, reposerait sur quatre idées-forces. « Nous savons que la paix est précaire et volatile sans la justice. Et nous savons, hélas, que l’engouement des populations pour la justice expéditive des pseudo-djihadistes s’explique par le rejet de la justice d’État avec les tares qui lui sont connues, dont la corruption et la durée des procédures », a affirmé le chef de l’État malien.

Il a annoncé à cet égard « le remembrement » de la Cour constitutionnelle dans « les heures et les jours à venir », en reconnaissant que l’arbitrage par cette dernière du contentieux des législatives du printemps dernier « a posé problème et continue à poser problème ». Au moins quatre des neuf juges ont annoncé leur démission depuis le début de la crise et un cinquième est décédé, ce qui devrait favoriser une recomposition. « IBK » a laissé entendre que la Cour nouvellement formée pourrait réexaminer la décision prise par cet organe après les législatives de mars-avril et invalidant une trentaine de résultats initialement proclamés. Une dizaine de ces résultats avaient été invalidés par la Cour constitutionnelle au profit de membres de la majorité présidentielle, à commencer par celui qui allait ensuite être élu à la présidence du Parlement.

Le chef de l’État répondait dans ce sens aux préconisations de la Communauté des États ouest-africains (Cedeao), l’institution sous-régionale qui s’est déjà montrée favorable à la mise en place d’un gouvernement d’union nationale et l’organisation d’élections législatives partielles dans les circonscriptions disputées pour sortir de la crise.

Le président Keïta ne s’est en revanche pas prononcé sur la dissolution de l’Assemblée nationale qui est réclamée par l’opposition. Il a surtout mis l’accent sur sa conviction que « l’intérêt national réside dans un Parlement immédiatement opérationnel pour mettre en œuvre l’accord politique pour le rassemblement national », jugeant « hautement probable que les solutions trouvées par la nouvelle Cour constitutionnelle résolvent la question de l’Assemblée nationale ».

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Pour la coalition, ces annonces sont loin d’être suffisantes. « Discours complètement raté, loin des attentes des Maliens. Il (M. Keïta) vient de prouver encore une fois qu’il est le PROBLÈME du Mali », a commenté sur Twitter l’opposant et ancien ministre Moussa Sinko Coulibaly, un des responsables du mouvement de contestation.

La star internationale de la musique, Salif Keita, qui soutient ce mouvement, a également appelé à la mobilisation pour vendredi, sur Twitter.

Le mouvement du 5 juin avait indiqué la semaine dernière vouloir laisser sa chance au dialogue et renoncer provisoirement à faire de la démission du président un préalable à toute discussion. Cependant, il réclamait la dissolution du Parlement, la formation d’un gouvernement de transition dont le mouvement désignerait le Premier ministre, ainsi que le remplacement des neuf membres de la Cour constitutionnelle, accusée de collusion avec le pouvoir. Le président Keïta, qui a déjà appelé à un gouvernement d’union nationale, a réaffirmé sa confiance au Premier ministre Boubou Cissé qu’il a maintenu après les législatives mais qui n’a toujours pas formé son équipe.

Au-delà des frontières du Mali, le mouvement suscite d’autant plus de crainte chez les partenaires internationaux qu’ils redoutent une plus grande déstabilisation du pays déjà en proie depuis 2012 à des attaques djihadistes auxquelles se sont mêlés des affrontements communautaires. Ces violences se sont propagées dans des pays voisins.

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Source : African Media Agency (AMA)

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